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Tripoli

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Texte de la dictée 2017

Texte de la dictée 2017
Ecole AZM et Ecole Al Arz
30/03/2017 14:00 

Europe la phénicienne par Ezza Agha Malak

Écoute fiston ! Tu m’écoutes bien ? J’aimerais que tu aies quelque aperçu sur l’histoire de nos ancêtres, les Phéniciens, qui ont sillonné inlassablement mers et terres, érigeant les comptoirs et les chefs-lieux, dirigeant leurs colonies, en adoptant l’expansion pacifique. Indulgents et ambitieux, entamant des pourparlers à la ronde, engageant le dialogue, ils étaient des touche-à-tout, appareillant deçà et delà, sereins et débonnaires.

Belliqueux utopiques ? Loin de là ! Hédonistiques sans abus, avec une propension à l’indulgence dans leur hégémonie territoriale, telle fut leur attitude altière.

Leur chef-d’œuvre fut l’alphabet. Ils en furent les instigateurs. Les Grecs ont propagé le leur en s’inspirant du nôtre. Pas seulement ! Nos aïeux furent à l’existence d’un continent : l’Europe. Situation ambiguë, je l’avoue, quant à ces navigateurs qui ont navigué à la boussole.

Mais cette ambiguïté est justifiée parce qu’elle est mythologique, voire légendaire, fondée sur une belle histoire d’amour : l’enlèvement d’Europe. Tu ne connais pas la légende ? Mais tu me déçois, mon fils ! Alors la voilà. Elle te sera racontée et tu ne me décevras plus. Prête l'oreille, s'il te plaît.

Fin première partie – 184 mots

Il s’agit d’un rapt en fait, que je voudrais désambiguïser, déchiffrer tel un cryptogramme.

Il livre un symbolisme puissant quant à l’interpénétration des cultures et le mélange ethnique.

Alors qu’Europe, la fille du roi Agénor, cueillait des fleurs dans les jardins de Tyr, Zeus, dieu de l’Olympe, se métamorphosa en taureau, l’enleva et entra avec elle dans la Méditerranée en se laissant chevaucher jusqu’à l’île de Crète puis vers d’autres rives, solennellement escorté d’une cohorte de divinités marines. Ainsi, le nom de notre princesse phénicienne devint continent.

Sans surseoir à ce kidnappage, Agénor enjoignit à ses trois fils, Cadmos, Phénix et Cilix d’aller à la recherche de leur sœur, d’y œuvrer d’arrache-pied jusqu’aux labyrinthes. N’ayant osé rentrer bredouille, Cadmos fonda Thèbes et propagea l’alphabet jusqu’à Carthage : vingt-deux signes consonantiques sans voyelles, orientés de droite à gauche. Puis les colonies se multiplièrent. Les Phéniciens furent les conquérants du monde.
 Les amarres, ils les avaient larguées dans toutes les eaux. Les Thébaïdes, ils les ont domestiquées et de nouvelles métropoles s’établirent à la tête des territoires conquis. Ils s’étaient arraché les conquêtes par leurs victoires, loin des brigandages.

Ils n’étaient pas des boute-en-train. Vaillance ascensionnelle et austérité hiémale étaient leur leitmotiv. À bord de leurs deux-mâts, ils ont orgueilleusement nargué les climats cycloniques et les récifs coralliens annulaires des mers. Ils ont traversé ces atolls avec leurs deux cents ou, probablement, deux cent cinquante vaisseaux, qu’ils ont architecturés, tels les nœuds d’un entrelacs.   

Bercés par le zéphyr ou poussés par l’aquilon, interrogeant les mânes dans les moments cruciaux, face aux puissances qui se sont succédé avant eux, ils lançaient leur ultimatum contre le chaos. Les prophéties de la pythie prêtresse et de la sibylle de l’Antiquité furent leur oracle et leur bonne aubaine.

Ils sont le millefeuille événementiel de la trame de l’histoire, sans amphigouris ni galimatias, le symbole de notre méditerranéité aux cantilènes héroïques.

Voilà mon fils, mon approximative désambiguïsation.

Fin seconde partie – 320 mots

Nombre de mots au total sans le titre : 504 (avec : 507 mots)

 

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