Résidence

La commission de sélection des lauréats de la deuxième édition du programme de Résidence de recherche et de création de la Villa Al Qamar qui s’est tenue le 23 février dernier a permis de retenir 3 projets pour des résidences se déroulant de mai 2022 à décembre 2022 sur 102 dossiers reçus dont 70 candidatures éligibles.

Les projets lauréats

Quelque chose qui noire, un projet photographique de Sixtine De Thé, mai-août 2022

©Sixtine De Thé

« Quelque chose qui noire » est un projet de photographie documentaire sur la pénombre née des pannes d’électricité dans le Liban d’aujourd’hui. Il cherche à saisir ce qu’implique une perte de substance généralisée dans un pays en faillite, contrepied à la vision habituelle d’un pays connu pour la beauté de sa lumière. Ce projet se pense comme le portrait d’un territoire à partir d’une couleur, le noir, en déclinant ses nuances afin de saisir la longueur des nuits sans électricité, la violence des coupures - la tombée de la nuit, la nuit noire, l’aube, les autres sources de lumière qui viennent pallier à celle de l’électricité. Ce portrait embrassera plusieurs échelles allant du portrait intime au panorama et tentera de saisir ce que dit et tait cette pénombre, quelles angoisses se réveillent quand on ne peut plus rallumer la lumière.

 

Eaynay/habibi, un projet d’installation vidéo et sonore de Frédérique Chauveaux et de Jana Saleh, mai-juin 2022

©Lonely Bride, Frédérique Chauveaux

Qu’en est-il de la réalité au-delà de l'acmé que représente la cérémonie du mariage ? Pourquoi se marier aujourd'hui, est-ce un choix libre ou bien dicté par la tradition ? Peut-on vivre une vie de femme assumée et épanouie hors de cette institution ? Pour tenter d’apporter une réponse à ces questions, nous irons à la rencontre de jeunes et moins jeunes femmes qui projettent de se marier ou le sont déjà, dans le Chouf ou à Beyrouth. L’œuvre consistera en une installation vidéo conçue par Frédérique Chauveaux enrichie d’un environnement sonore, conçu par Jana Saleh autour des témoignages recueillis. Au cœur de celle-ci, il y aura la mise en espace d'une ou plusieurs robes de mariées agrémentées de leurs voiles qui deviendront les supports à la projection d’images vidéographiques réalisées au cours de la résidence, avec la collaboration d’une ou plusieurs danseuses issues de la scène artistique Libanaise.

Propagations, un projet d’installations dans l’espace public de Laurent Gongora, septembre-décembre 2022

©Laurent Gongora

Le projet part d’un paradoxe : entre l’intérêt d’un site remarquable pour ses cédraies et sa biodiversité et une situation socio-politique tendue, sur laquelle il m’apparait impossible de faire l’impasse. Cette crise implique de tout tenter pour rebondir. Le projet d’installations participatives s’inscrit à la croisée du commissariat et de la création artistique et se veut questionner ce point de tensions, en s’inspirant de l’histoire des lieux et de l’actualité des femmes et hommes qui y vivent. Le premier temps de la résidence sera le théâtre d’échanges entre les personnes impliquées dans le processus de gestation du projet. L’idée de témoignage et de transmission est importante à ce stade. Dans un second temps une proposition d’installations dans la réserve du Chouf découlera de ces échanges et impliquera les protagonistes dans la mise en forme et en jeu de l’œuvre, tout en valorisant les moyens du bord. Cette œuvre ancrée dans la réalité aura pour ambition d’allier une forte charge symbolique à un usage réel.

La commission de sélection

La commission de sélection du programme de résidence a fait appel à plusieurs experts des scènes culturelles et artistiques libanaises et françaises.

Experts extérieurs

  • Amanda Abi Khalil, fondatrice de Temporary Art Platform
  • Clémence Cottard, historienne de la photographie et ancienne directrice de la Fondation Arabe pour l’Image
  • Eric Deniaud et Aurélien Zouki, directeurs artistiques du Collectif Kahraba et de Hammana Artist House
  • Mia Habis, co-directrice de Maqamat, association pour la danse contemporaine au Liban
  • Julie Ferrif, responsable des programmes de résidence de l'Institut français (Paris) 

Pour l’IFL

  • Zara Fournier, Directrice déléguée de l’Institut français du Liban à Deir El Qamar
  • Bénédicte Vigner, attachée culturelle